
ARGUMENT
La manière dont une société traite les bébés, les enfants, les adolescents, révèle son éthique.
Elle révèle aussi les valeurs qu’elle accorde à la puissance créatrice de l’enfance dans les pratiques sociales et symboliques des adultes, l’acte de création relevant, en chacun de nous, de cette puissance imaginaire de l’enfance.
Si après la deuxième guerre mondiale, un souffle humaniste a permis de prendre en charge la jeunesse sans étoiles et l’enfance maltraitée, il semble bien aujourd’hui que la prolifération des normes et des lois de protection des enfants constitue un cache-misère des processus de marchandisation. Des procédures normatives remplacent l’éducation et le soin et des référentiels impératifs les dominent.
En prônant cette « loi de la jungle marchande », notre société transforme la vulnérabilité, source de l’acte de création, en faiblesse à éradiquer. Elle prive, ce faisant, les plus fragiles et les plus faibles, mais aussi leur environnement et donc toute la société, des potentialités que recèle cette vulnérabilité : ce qu’elle permet, ce qu’elle offre comme possibilités de trouvailles alternatives, de développement de la créativité, d’inventions et de changements.
Depuis son origine l’Appel des appels alerte sur ces dérives normatives du néocapitalisme qui mettent le profit, l’efficacité ou le traitement immédiat et non plus l’humain au cœur de notre société.
Les suppressions de postes dans l’éducation, le soin et la justice, les scandales incessants de la maltraitance institutionnelle, le détournement des moyens, c’est-à-dire tout ce qui vient de la logique managériale néocapitaliste, empêche le professionnel d’exercer. Elle fragilise de même le devenir de l’enfant en tuant dans l’œuf la possibilité de prendre soin de sa singularité. Cette normativité acharnée est l’outil de domination du XXIe siècle. Elle masque, grève, plombe, voire obère, toute possibilité de résistance et de création d’autres imaginaires sociaux.
L’Appel des appels organise ces journées 2026 autant pour lutter contre ces outils que pour partager, imaginer et mettre en œuvre d’autres manières d’accueillir, d’éduquer, de protéger et de prendre soin de l’enfance.
Les questions qui seront travaillées en présence de professionnels de terrain, de chercheurs et d’artistes traiteront de la réhabilitation de la vulnérabilité en puisant dans la « force œuvrière » (1):
dans la pratique de nos métiers, comment œuvrer à partir de la puissance créatrice de l’enfance, celle des enfants et celle qui est en chaque adulte.
Ces journées s’adressent à toutes et tous puisqu’il s’agit de témoigner et de réfléchir ensemble pour refonder une société humaine autour de nos enfants.
(1) – cf R. Gori, B.Lubat, Ch..Silvestre, 2017, Manifeste des œuvriers, Actes Sud/LLL
PROGRAMME
Samedi 30 Mai
Matinée : 9h00 – 12h45 – Auditorium Léon Bourgeois – Musée Social
09h00 – 09h20 : ACCUEIL des participants
09h20 – 09h45 : INTRODUCTION
Robert GELLI / Roland GORI
09h45 – 12h45 : DISCUSSION1 : « Normaliser n’est pas ÉDUQUER »
Animée par ÉRIC DEMOUGIN
Avec :
Sophie VÉNÉTITAY / Jacques BERNARDIN / LYCÉE EXPÉRIMENTAL DE SAINT NAZAIRE / Bernard LUBAT / Fabrice VIEIRA
+ Croquis sonore de TOLTEN
Après-midi : 14h30 – 17h30
14h30 – 17h30 : DISCUSSION 2 : « Médicaliser n’est pas SOIGNER »
Animée par Claude SCHAUDER
Avec :
Marie-José DEL VOLGO / Pascale FAUVEAU / Anne ROGER DA SILVA / Annie GROSSER
+ Croquis sonore de TOLTEN
Soirée : 19h00 – 21h30 – Cinéma Les 3 Luxembourg
19h00 – 20h25 : PROJECTION du Film « LOUP Y ES-TU ? » de Clara BOUFFARTIGUE
20h30 – 21h30 : DÉBAT avec la salle : Clara BOUFFARTIGUE & Roland GORI
Dimanche 31 Mai
Matinée : 9h00 – 13h00 – Auditorium Léon Bourgeois – Musée Social
09h00 – 11h30 : DISCUSSION 3 : « Prioriser la Punition et la Sécurité n’est pas JUSTICE »
Animée par Robert GELLI
Avec :
Josiane BIGOT / Murielle EGLIN / Guillaume ALBERT / Dominique ATTIAS / Delphine SAUBABER
+ Croquis sonore de TOLTEN
11h30 – 12h30 : SYNTHÈSE
Roland GORI / Bernard LUBAT / Danièle LINHART / Delphine SAUBABER
12h30 – 13h00 : CONCLUSION
Roland GORI
+ Croquis sonore de TOLTEN
Auditorium Léon Bourgeois du Musée social / Cédias : 5 rue Las Cases, Paris 7
Cinéma les 3 Luxembourg : 67 rue Monsieur le Prince, Paris 6
Remerciements aux auteurs et autrices des dessins : Elie, Frida et Aénor
INTERVENANTS
Roland GORI
Psychanalyste
Professeur honoraire de Psychopathologie clinique
Fondateur et Président honoraire de l’Appel des appel.
Professeur à l’Université de Montpellier puis à l’Université d’Aix-Marseille I jusqu’au grade de Professeur de Classe Exceptionnelle, il a dirigé un DEA de Psychopathologie clinique pendant 9 ans et, dans le cadre du plan quadriennal 2000-2003, a assuré la direction de l’équipe d’accueil de Psychopathologie clinique. Il a participé à la direction et à la fondation d’un réseau inter-universitaire de psychopathologie clinique et psychanalyse (SIUEERPP) qu’il a présidé de 2003 à 2010 et en est depuis Président d’honneur.
Il a également siégé dans de nombreuses commissions ministérielles, a assuré quatre mandats au CSCU puis au CNU en tant que membre élu du collège des Professeurs (Vice-Président de la commission puis Président de la 16E section du CNU) et a été expert au Ministère de la Recherche.
Créateur de la revue « Cliniques méditerranéennes » considérée comme qualifiante et en est le directeur depuis sa création en 1984.
Sur le plan de la recherche il poursuit ses travaux sur l’acte de parole dans les situations particulières d’interlocution des pratiques cliniques en les développant selon quatre axes de recherche : L’analyse de l’acte de parole, L’étude des idéologies et des rationalités scientifiques, La logique des passions et La médicalisation de l’existence et la civilisation médico-économique des mœurs. Un autre axe de recherche analyse les théories et les pratiques psychologiques en tant que pratiques sociales et dispositifs des individus et des populations. Cet axe a donné lieu à plusieurs articles : Adolescence, Cités, Connexions etc. et un ouvrage : « Exilés de l’intime, La médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique« , avec Marie-José Del Volgo (Denoël, 2008).
Outre ses nombreux articles et chapîtres d’ouvrage, il est l’auteur de près d’une trentaine de livres dont « Logique des passions » (2002), « La santé totalitaire, Essai sur la médicalisation de l’existence » (avec MJ Del Volgo, 2005), « L’Appel des appels, Pour une insurrection des consciences » (ouvrage collectif, 2009), « La folie évaluation, Les nouvelles fabriques de la servitude » (Ouvrage collectif, 2011), « La Dignité de penser » (2011), « Manifeste des œuvriers« (avec Bernard Lubat et Charles Silvestre, 2017), « La nudité du pouvoir, Comprendre le moment Macron » (2018), « Et si l’effondrement avait déjà eu lieu, L’étrange défaite de nos croyances » (2020), « La fabrique de nos servitudes » (2022) et son dernier essai « Dé-civilisation,Les nouvelles logiques de l’emprise » est paru aux LLL en 2025.
En 2008 il a été initiateur avec Stefan Chedri de l’Appel des appels dont il est actuellement Président honoraire après en avoir été le Président depuis sa fondation en 2009 et jusqu’en 2025.
Le film documentaire « Roland Gori, une époque sans esprit » a été réalisé par Xavier Gayan et diffusé en 2022.
Il est actuellement Psychanalyste Membre d’Espace analytique et Professeur honoraire de Psychopathologie clinique à l’Université d’Aix-Marseille.
Danièle LINHART
Sociologue du travail
Directrice de recherche émérite au CNRS.
Elle a enseigné à l’université Paris-Nanterre et, habilitée à diriger des recherches, elle a dirigé plus de quinze thèses.
Elle a été chargée de mission auprès du ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur sur la thématique « Mieux comprendre la vie au travail ».
Directrice émérite du laboratoire GTM (Genre travail mobilités) au CNRS, elle a été également membre du comité de rédaction de « La Nouvelle Revue du Travail » et fait partie du conseil scientifique de l’Institut La Boétie.
Auteur de nombreux livres dont « L’Appel de la sirène ou l’Accoutumance au travail » (1981), « Fin de siècle, début de vie : voyage au pays des 18-25 ans » (avec Anna Malan, 1990), « La Comédie humaine du travail, de la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale » (2015, prix de l’Écrit Social et de l’EGOS Book Reward), « Le burn out : travailler à perdre la raison » (2019), « L’insoutenable subordination des salariés » (2021)… ses ouvrages constituent aujourd’hui des références majeures pour penser les mutations du monde professionnel.
Elle analyse la montée de l’individualisation, la fragilisation des collectifs et les mécanismes de déstabilisation des salariés dans les organisations. Ses recherches mettent en lumière les tensions qui existent entre exigences de performance, perte de sens et vulnérabilité au travail. Elle développe une réflexion critique qui montre comment le « new public management » reconfigure les rapports au travail et les subjectivités. Elle éclaire des pistes possibles pour s’extraire de cette emprise.
Bernard LUBAT
Musicien
Pédagogue
Auteur
Poly-instrumentiste – batteur, pianiste, mais aussi joueur d’instruments improbables, inventés ou détournés – il pratique et théorise une musique improvisée ouverte au hasard et aux rencontres. Plusieurs chercheurs, dont Marc Chemillier, le décrivent comme un artiste total, mêlant musique, pensée politique et expérimentation sociale.
Avant-gardiste attardé, anartistisanalyste, insituactioniste, acharniste, amusicien jazzconcubin, poïéliticien et patati-pataphysicien, (malpoly-instrumentiste, volcalpiniste, bruitaliste), fauteur complositeur, désarangeur, ininterprète, menteur en scène, scatrap’conteur, psychomédien, gestualiste et philos’autres …
Il est une figure fondatrice du jazz européen, reconnue comme telle par nombre de ses pairs, dont Archie Shepp ou Michel Portal. Lubat pratique la folie raisonnée. Son point de lucidité : « Me retrouver pas à ma place : je sais que je sais ne pas commencer. » Tous les soirs, il ne commencera pas. Il a essayé. Il ne tient plus à subir les fausses mémoires. La vraie mémoire c’est le trou. Ça répond. La musique arrive : « C’est celle-là qui m’invente un musicien. » Il n’a aucun mérite à ne pas commencer : « Ce n’est qu’un combat, continuons le début. »
À Uzeste, village où il est né et qu’il habite, il a fondé la Compagnie Lubat et créé un festival qui s’y tient chaque année depuis 1977. Uzeste devient ainsi un lieu où se mêlent formation, création et vie collective.
Il est enfin co-auteur, avec Roland Gori, du « Manifeste des œuvriers« (2017).
Uzeste, Uzeste musical, le Festival d’Uzeste autrement dénommé Hestejada : Uzeste est un petit village des Landes de Gascogne.
Bernard Lubat et Fabrice Vieira développent tout au long de l’année, lors de stages uzestois, une pratique pédagogique, qui, plutôt qu’elle n’enseigne des savoirs, met en état de création, et travaille des situations de mise en mouvement, d’ouverture au hasard et aux rencontres.
Ils transforment la peur de l’échec en créativité active, d’abord pour eux-mêmes en tant qu’artistes, et ils entraînent le public, les stagiaires, dans cette démarche.
Leur pédagogie du risque et du déséquilibre ouvre à une éthique de la liberté qui refuse la standardisation.
Delphine SAUBABER
Journaliste
Romancière
Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et du Centre de formation des journalistes elle fait un passage au service société du Monde et rejoint le service société puis étranger de L’Express en tant que grand reporter.
Elle est lauréate du prix Albert-Londres (2010) pour plusieurs articles parus dans L’Express, sur l’ouverture des archives de la police politique Roumaine, la Securitate, un portrait de Radovan Karadzic, une chasse à l’homme en Calabre et le combat d’une mère contre la mafia italienne.
En 2022, elle publie un premier roman, « La fille de la grêle » (éd. Lattès), qui est finaliste du Prix Emmanuel-Roblès, lauréat du Prix des lecteurs de Bois d’Arcy et Prix Lectures plurielles-Zonta Olympe de Gouges.
Elle anime depuis quelques années des ateliers d’écriture pour adultes et pour enfants dans le Sud-Ouest.
Elle s’est engagée, avec l’actrice et écrivaine Isabelle Carré, auprès de la jeunesse et des questions de transmission. Elles défendent notamment une plus grande valorisation de l’écriture des enfants, happés par les écrans et assistés, demain, par l’intelligence artificielle.
En 2026, son second roman L’Enfant de l’ogre, paraît aux éditions Phébus.
Clara BOUFFARTIGUE
Réalisatrice
Née en 1976, à Auch dans une famille d’enseignants.
Elle sort diplômée de La Sorbonne en 1998, titulaire d’une Maîtrise en scénario.
Elle se forme au montage et collabore pendant plusieurs années à des longs-métrages cinéma de fiction.
Elle se tourne ensuite vers l’écriture et la réalisation et signe, avant « Loup y es-tu?« (2023), plusieurs documentaires pour le grand écran, « Quelques-uns d’entre nous » en 2006 et « Tempête sous un crâne » en 2012.
TOLTEN
Chasseur de sons
Cueilleur de sension
Tolten aime les mots, aime la musique, aime ses enfants et a écrit deux livres: « les maux et les phrases et autres nouvelles du soin » (2022) et « l’être ange monde » (2014, éd. Champ Social).
Il est psychologue clinicien et est intervenu dans plus de 150 congrès/colloques avec ses croquis sonores.
Il est parti en tournée en France, en Suisse, en Belgique, au Pérou, en Équateur, au Chili, au Guatemala, en Inde, à enregistré au Myanmar, a animé des ateliers d’écriture en milieu carcéral, en hôpital psychiatrique, en maternelle, au collège, au lycée, en Institut Médico-Éducatif, en Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique, en ESAT, en SESSAD, en SAVS, avec des patients, avec des équipes de soignant, et en Médiathèque.
Il est formateur au Diplôme Universitaire d’animateur et d’animatrice d’atelier d’écriture à l’Université d’Aix-Marseille.
Il a participé à de nombreux projets musicaux allant du hip-hop à la rumba catalane en passant par le métal, l’afro-beat, la musique méditerranéenne, la musique indienne…, a écrit pour la danse, le théâtre, a composé pour des courts métrage et joué pour le spectacle vivant.
Éric DEMOUGIN
Enseignant Syndicaliste
Militant pédagogique
Instituteur
Il a co-ouvert en 2001 puis coordonné de 2007 à 2013 le collège expérimental Anne Frank au Mans.
Il a écrit des articles dans la revue Dialogue « Échos du collège expérimental de la Sarthe » (2002), dans les Cahiers pédagogiques, « En finir avec l’âge de classe » N° 501 (décembre 2012), « Un établissement différent » n°503, (février 2013) , « La coopération est un sport de combat » (mai 2013), dans la revue Spécificités « Le collège expérimental Anne Frank : entre innovation et normalisation » n°9 (2017), sur le site du café pédagogique « Un lien, même pédagogique, ne fait pas l’École » (2020).
Il a exercé les fonctions de délégué du personnel, de délégué F3SCT et de secrétaire départemental de la FSU.
Il est membre de l’Appel des appels.
Sophie VÉNÉTITAY
Secrétaire générale SNES-FSU
Professeure de sciences économiques et sociales
Elle est professeure de sciences économiques et sociales dans le département de l’Essonne et secrétaire générale du SNES-FSU qui est le syndicat majoritaire des professeur·es du second degré (collèges et lycées), engagé dans la lutte et la transformation sociale.
Elle connaît, par sa pratique syndicale, les réalités du métier enseignant : tensions, surcharges, conflits avec la hiérarchie ou les familles, risques psychosociaux, perte de sens et souffrance professionnelle dans un système sous contrainte.
Elle est une interlocutrice majeure du ministère de l’Education Nationale et un témoin privilégié des évolutions politiques libérales qui l’orientent l’institution vers le new public management.
Elle est auteur du rapport 2024 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Une entrée attendue dans le débat sur la vulnérabilité des professionnels, en écho à celle des élèves, et sur ce qui, dans l’institution, entrave ou soutient le soin de la relation éducative.
Jacques BERNARDIN
Président du GFEN
Chargé de formation générale à l’IUFM
Il a été instituteur, maître formateur pendant 20 ans avant d’être chargé de formation à l’IUFM du Centre Val de Loire (Université d’Orléans-Tours) jusqu’en 2011 où il exerce en tant que professeur en formation générale (psychologie, sociologie de l’éducation et pédagogie).
Il collabore avec la MAFPEN puis de la DIFOR d’Orléans-Tours.
Jacques Bernardin est docteur en sciences de l’éducation, associé à l’équipe Circeft-ESCOL (Paris 8), président du Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) et spécialiste de l’entrée dans l’écrit à l’école.
Il distingue deux catégories essentielles d’apprenants : les actifs-chercheurs et les passifs-récepteurs. L’analyse de leurs comportements s’appuie notamment sur la psychologie de Vygotski, Bruner, Piaget, Leontiev et Wallon. Fort de son expérimentation in situ en tant que maître de CP, il propose une nouvelle façon d’apprendre le lire-écrire au cycle 2. Confrontés à de vrais textes, dont ils interrogent le sens collectivement, les élèves construisent des outils-ressources pour la classe (textes étudiés, corpus-phrases, fichier-mots, cahier-dictionnaire), qui vont leur permettre d’entrer dans la culture écrite. Le maître mot de cette démarche pédagogique est de comprendre ce qui anime chaque enfant dans sa découverte de l’écrit.
Il est aussi contributeur à de nombreuses parutions collectives et auteur de plusieurs ouvrages, notamment « Comment les enfants entrent dans la culture écrite » (1999)
Il intervient à longueur d’année en formation dans l’institution scolaire, auprès d’équipes enseignantes, et connaît les pratiques collectives d’invention et de recherche de son mouvement, partagées dans la revue « Dialogue » du GFEN.
le GFEN est un mouvement qui s’inscrit dans la tradition d’une éducation émancipatrice, héritier de plus d’un siècle d’Éducation Nouvelle (voire davantage si l’on remonte à des inspirateurs précoces que sont Rabelais ou Montaigne).
Dans cette perspective, la vulnérabilité n’est pas une faiblesse mais un appui pour apprendre.
Le GFEN affirme que nous sommes « toutes et tous capables », à condition de confiance, de coopération et de droit à comprendre.
Pour le GFEN, apprendre est toujours une aventure collective, où la fragilité devient puissance de création et de pensée.
Lycée expérimental de SAINT-NAZAIRE
Élèves
Membres de l’équipe éducative
Ezra Dagues et Nathaniel Waite sont élève au Lycée Expérimental de Saint Nazaire.
Nathalie Bruneau et Maud Steuperaert en sont Membres de l’Equipe Educative (MEE, dénomination des professeur·es dans ce lycée).
Lycée public fondé en 1982 sous le ministère Savary, il met en œuvre une pédagogie institutionnelle fondée sur la cogestion et la participation active des élèves.
Classé parmi les expérimentations « intégrales » par la chercheuse en sciences de l’éducation Marie-Laure Viaud (université de Lille), il se distingue par un fonctionnement très dérogatoire à la norme scolaire, à la différence d’autres dispositifs expérimentaux dits « adaptés ».
La vulnérabilité y est reconnue, discutée et transformée en levier d’émancipation. Chacun prend part aux décisions, construit son parcours comme celui de toutes et tous, expérimente une école dans laquelle la parole et le collectif deviennent des outils de formation de soi.
Fabrice VIEIRA
Musicien
Pédagogue
Guitariste et vocaliste virtuose, il s’inscrit dans un réseau d’artistes traversant le jazz, l’improvisation libre, la chanson, la performance vocale et les musiques collectives.
Il joue avec des musiciens engagés dans la scène d’Uzeste, et au-delà.
Il développe une réflexion sur la musique, qu’il théorise en acte à travers sa pratique de l’improvisation et des formes collectives.
Il incarne sur scène l’esprit du festival d’Uzeste (Hestejada), dont il assume désormais la responsabilité.
Il veille à la cohérence entre la philosophie d’Uzeste (dimension polyartistique, créolisation, improvisation, collectif) et la richesse concrète de la programmation.
Claude SCHAUDER
Psychanalyste
Après des études de psychologie et de sociologie il exerce en hôpital psychiatrique et en libéral, poursuit sa formation à l’EFP puis avec le Dr. Françoise Dolto dont il est un des assistants à la Consultation dite « de la rue Cujas ».
Ancien Professeur associé des Universités il a assuré de nombreux enseignements et des supervisions en France et à l’étranger.
Il est auteur ou co-auteur de nombreux articles et ouvrages comme « Une psychanalyste dans la cité » (avec M.H Malandrin, 2009, Gallimard), « Françoise Dolto et le transfert dans le travail avec les enfants » (2005, Eres) et « Lire Dolto aujourd’hui » (2004, Eres) .
Il est actuellement psychanalyste à Strasbourg.
Il a été en 2009 un des premiers cosignataires de l’Appel des appels dont il est actuellement un des vice-présidents.
Marie-José DEL VOLGO
Psychanalyste
Rédactrice en chef de la revue Cliniques méditerranéennes
Elle a été jusqu’en 2018 Maître de conférences (AMU) et Praticien hospitalier (hôpital Nord de Marseille).
Docteure en médecine (1978), en neurosciences (1988) et en psychologie (1995), elle est habilitée à diriger des recherches en sciences humaines cliniques (2000).
En 2009, elle a été l’une des initiatrices de l’Appel des appels.
Auteur de « L’instant de dire Le mythe individuel du malade dans la médecine moderne » (1996, érès), « La douleur du malade » (2003, érès), « Le soin menacé » (2021, Le Croquant) et co-auteure avec Roland Gori de « La santé totalitaire » (2005, Denoël) et « Exilés de l’intime » (2008, Denoël).
Pascale FAUVEAU / Nom de scène : Pascale PETIT
Anciennement Médecin Directeur de CMPP
Artiste
Anciennement Médecin Directeur de CMPP à Anglet, elle a exercé pendant près de 40 ans dans différentes institutions du secteur sanitaire et médicosocial, en Île-de-France, en Occitanie et en Nouvelle Aquitaine (CMPP, IME, ITEP, SESSAD, HDJ, CMPIJ…).
Elle est également Présidente de l’Association « CMPP avenir en Nouvelle Aquitaine ».
Elle a vu se transformer progressivement la profession de psychiatre au fil des années, à la mesure du développement des neurosciences, et se transformer profondément la demande et les attentes des patients et de leurs familles.
Elle a vu aussi se dégrader les conditions de travail, se réduire dramatiquement l’accueil des patients, et parfois même se perdre la dimension du soin.
Pascale Fauveau s’attache à comprendre ce qui se joue à l’heure où la santé mentale des enfants est en question(s) : comment continuer de maintenir vivantes les pratiques du soin psychique, quelles conceptions de l’humain sont en cause dans les transformations qui ont lieu, quels rapports de domination sont impliqués dans les problématiques de santé mentale ?
Confrontée à des publics variés de par sa démarche artistique, elle s’attache à percevoir la manière dont est parlée la dite santé mentale en dehors des lieux de soins. C’est une artiste engagée dans une démarche de théâtre social et elle est l’autrice et interprète de la conférence gesticulée « C’est clair votre cas est trouble ! «
Anne ROGER DA SILVA
Pédiatre
Pédopsychiatre
Elle a travaillé aux urgences pédiatriques de Montpellier sur le groupe Enfance en danger et l’accueil des urgences pédopsychiatriques ados.
Elle est également et principalement pédopsychiatre depuis 14 ans. Elle a débuté en psychiatrie infanto-juvénile de secteur au Vigan (CHG Alès) : au CMPEA, et à l’HDJ « La Maison Lune », a exercé dans une structure pour ados du foyer de l’enfance et à la Maison des Ados de Montpellier.
Depuis 10 ans au CMPP Centre Marcel Foucault de Montpellier, elle en assume la direction médicale depuis 5 ans tout en étant engagée à la FdCMPP (CA, bureau, commission formation et scientifique) ainsi que dans des collectifs cliniques locaux tels que Vidéopsy et les Artisans Langagiers.
Annie GROSSER
Psychologue
Psychothérapeute
Psychanalyste
Après des études de psychologie génétique et de psychologie clinique à Nanterre puis Paris Descartes elle travaille comme psychothérapeute référée à la psychanalyse en CMPP et en CAT, puis comme psychothérapeute et psychanalyste à l’Ecole Expérimentale de Bonneuil (co-fondée par Maud Mannoni et un jeune couple d’éducateurs) et enfin en libéral.
Accueillante à la Maison Verte pendant de longues années puis Secrétaire Générale de l’APEP MAISON Verte, elle est également Secrétaire Générale de l’ association Lire Dolto aujourd’hui.
Elle participe à de nombreux groupes de travail, pratique des supervisions de psychanalystes recevant des enfants et des formations à l’écoute et à l’accompagnement d’enfants, d’adolescents et de leurs familles.
Robert GELLI
Procureur Général honoraire Président de l’Appel des appels
Il est d’abord nommé substitut du procureur à Gap puis à Marseille où il devient premier substitut du procureur. Il exerce ensuite à Aix-en-Provence comme procureur de la République adjoint.
Entre 1997 et 2001 il est membre du cabinet de Lionel Jospin à Matignon comme conseiller Justice.
En décembre 2001, Robert Gelli est nommé procureur de la République du tribunal de grande instance de Nîmes.
Il a été président de la conférence nationale des procureurs de la République pendant 3 ans puis nommé procureur de la République de Nanterre.
De 2014 à 2017, il occupe le poste de directeur des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice puis est nommé procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
Il devient directeur des services judiciaires (équivalent d’un garde des Sceaux) de Monaco en octobre 2019.
Aujourd’hui Procureur Général honoraire il a été élu Président de l’Appel des appels en 2025.
Josiane BIGOT
Juge des enfants honoraire
Membre du CESE
Membre de l’Appel des appels
Magistrate depuis 1977, elle a exercé en qualité de juge des enfants pendant une quinzaine d’années, premier juge de l’application des peines puis vice-présidente chargée du tribunal pour enfants.
Elle a présidé à la Cour d’Assises du Bas-Rhin pendant cinq ans ainsi que la chambre correctionnelle, la chambre sociale et la chambre de la famille et des mineurs.
Elle a fondé trois associations en faveur de la réinsertion sociale et a été présidente de l’IUFM d’Alsace, de l’association Oberholz (qui a rejoint le GROUPE SOS JEUNESSE) et de l’association Themis de promotion de l’accès aux droits pour les enfants et les jeunes.
La protection de l’enfance et la promotion des droits de l’enfant jalonnent le parcours militant de Josiane BIGOT depuis 40 ans, sur les territoires, au niveau national et jusqu’au Conseil de l’Europe, où elle a notamment œuvré en en tant qu’experte sur le traitement de la délinquance des mineurs ainsi que dans le cadre de la convention de Lanzarote.
Auteur de « Des Enfants sans voix ni lois » (2000, Pygmalion) et « L’histoire de la Justice racontée aux enfants » (2014), elle préconise un renouvellement de la voie éducative dans le jugement des enfants.
Elle a été Présidente de la Convention Nationale des Associations de Protection de l’Enfant (CNAPE) jusqu’en 2022.
Membre du Conseil Économique Social et Environnemental, elle est rapporteur avec Elisabeth Tome-Gertheinrichs en 2024 devant la commission affaires sociales et santé au Sénat du rapport « La protection de l’enfance est en danger : Les préconisations du CESE ».
Murielle EGLIN
Présidente du tribunal pour enfants de Bobigny
Vice-présidente de l’Association des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille
Muriel Églin commence sa carrière en tant que juge des enfants au tribunal de Belfort à partir de 1995 et jusqu’en 2004.
Entre 2004 et 2006, elle travaille en qualité de conseillère juridique auprès de Claire Brisset, Défenseure des enfants.
A partir de 2006, elle exerce aussi en tant que juge des enfants au Tribunal de Bobigny.
Parallèlement, elle occupe un poste de rédactrice chargée des questions internationales et des relations avec les juridictions au ministère de la Justice.
Elle est membre de l’Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille dont elle est secrétaire générale jusqu’en 2008.
Elle est également vice-présidente chargée des fonctions de juge d’instance à Paris de 2009 à 2014.
Elle s’intéresse en particulier aux tutelles des majeurs et des mineurs avant d’intégrer le cabinet ministériel de Christiane Taubira, en remplacement d’Éric Martin au poste de conseiller de la PJJ en mai 2015.
En 2016, elle devient vice-présidente du tribunal pour enfants de Bobigny, fonction qu’elle exerce encore aujourd’hui.
Auteur pour la revue Enfance & Psy de « Nos futurs, quel avenir pour les institutions de l’enfance? » (avec Jean-Louis Le Run), « La parole de l’enfant » (avec Hélène Gane et Jean-Louis Le Run), elle a également contribué à plusieurs autres parutions.
Guillaume ALBERT
Directeur du CDEF de la Seine-Saint-Denis
Directeur du Centre départemental enfance et famille
Dominique ATTIAS
Avocate
Dominique Attias est une avocate féministe française, spécialiste du droit des personnes, du droit des mineurs et des violences contre les femmes.
Elle entre au Conseil national des barreaux en 2009 et y crée un groupe de réflexion qui va réformer la justice des mineurs en France et est faite Chevalier de la Légion d’honneur en 2011. En janvier 2015 elle est auditionnée à la Chancellerie dans le cadre de la réforme de la justice des mineurs.
Elle a été Présidente du Conseil d’Administration de la Fondation des Avocats Européens, Ancienne Présidente de la Fédération des Barreaux d’Europe, Ancienne Vice-bâtonnière de l’Ordre des Avocats à la Cour d’Appel de Paris
Militante des droits des femmes et des enfants, elle est une figure emblématique de la sauvegarde du droit des mineurs tant en France qu’à l’international. Membre du conseil de l’ordre, elle est vice-bâtonnière du barreau de Paris (1ere femme à exercer cette fonction)entre 2016 et 2017.
Le 4 août 2016, elle signe avec Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, ancien président du Conseil constitutionnel et Frédéric Sicard, bâtonnier du barreau de Paris, une tribune dans Libération appelant « les autorités françaises et européennes à condamner les atteintes contre les libertés et l’État de droit en Turquie ».
Elle est secrétaire générale de l’Association Louis Chatin « pour la défense des droits de l’enfant » et co-auteure, avec Lucette Khaïat, de « Enfants rebelles, parents coupables ? » (2014), « Le placement des enfants » (2014) et « Le parcours judiciaire de l’enfant victime » (2015)








